Vous êtes ici » Accueil » Res’Eau Sol » Le blog du Rés’Eau Sol

Agroécologie, agroforesterie, agriculture de conservation, quels effets sur le sol ?

Tel a été le sujet de l’émission C dans l’sol du 21 Juillet à 20h30. Un émission qui a fortement intéressé agriculteurs, forestiers ou maraichers, en prise quotidiennement avec les questions de fertilité des sols.

Un webinaire qui a mis à l’honneur les approches qui cherchent à comprendre les phénomènes naturels pour en tirer avantage .

Est-il vraiment possible de cultiver en prenant soin des sols ?


Tous ceux qui travaillent le sol savent qu’implanter une culture c’est forcément jouer contre nature, c’est faire pousser ce qui ne pousse pas naturellement, pour sortir une récolte destinée à l’alimentation humaine ou du bétail. Et c’est forcément impacter le sol.

Comment le sol s’en sort-il ? Abimé ? amélioré ? Quels sont les effets sur sa fertilité à long terme ? Autant de questions qui ont des répercussions très concrètes sur les rendements.

Sur ce sujet , qu’apportent de neuf l’agroécologie, l’agroforesterie ou l’agriculture de conservation ? Quels sont leurs effets sur le sol ?

Chercher à comprendre les phénomènes, éprouver des solutions


C’est ce que propose les trois intervenants qui participeront à ce webinaire :

  • Jean-Pierre SARTHOU, agronome, enseignant à AgroSup Toulouse, et chercheur INRAE, travaille sur les question de transition agroécologique, d’indicateurs relatifs à la biodiversité, au biocontrôle des ravageurs et à la pollinisation. Autant d’éléments majeurs à comprendre pour le fonctionnement de l’écosystème sol. Sa recherche vise à concevoir et évaluer des agroécosystèmes, de la parcelle au paysage. Et pour aller au bout de sa recherche et confronter ses connaissances au réel, Jean-Pierre SARTHOU est aussi agriculteur.
  • Fabien LIAGRE, ingénieur ENGREF a contribué à plusieurs programmes de recherches sur l’agroforesterie. Il a créé il y a maintenant 20 ans la SCOP AGROOF, bureau d’études spécialisé dans la mise en œuvre de projets agroforestiers . De nombreuses réalisations à leur actif.
  • Frédéric THOMAS, agriculteur en Sologne est également formateur. Il travaille depuis de très nombreuses années sur les techniques de simplification du travail du sol et a fondé la revue Techniques de Conservation des Sols en 1999. Associant la théorie à la pratique , connecté aux réseaux d’échange européens et internationaux, il est aujourd’hui l’un des acteurs du développement de l’agriculture de conservation en France.

Des intervenants riches de savoirs et d’expériences, qui n’ont aucune recette miracle en magasin, mais contribuent activement à la recherche de solutions appliquées.

Un débat animé par Frédéric DENHEZ, journaliste

Connaissez-vous l’effet Dunning-Kruger ?

Non ce n’est pas la dernière recette à la mode dans le petit monde de l’agroécologie pour résoudre tous les problèmes de la planète ...

La période de pandémie actuelle, et d’une façon plus générale toutes les périodes d’incertitudes et d’inquiétudes (comme celle liée au dérèglement climatique), sont propices pour mettre en lumière cet effet psychologique.

Dunning et Kruger sont des psychologues qui à la toute fin du XX siècle ont montré que moins on connait de choses, moins on est compétent dans un domaine, et plus on a une certaine aptitude à partager avec beaucoup de conviction des stupidités.

Inversement la personne cultivée dans un domaine, connaissant l’étendue et la complexité de son sujet d’étude, aurait tendance à être réservée, nuancée, voire à paraitre peu sûre d’elle.

Certains dirigeants de cette planète sont des exemples caricaturaux de ce mécanisme qui propage des fakes news plus vite que le Covid19, ceux qui les répercutent avec une conviction inébranlable également. Alors que les scientifiques, les "sachants" sont eux inaudibles …

Notre domaine, l’agroécologie, n’échappe pas à ce biais cognitif. Nous sommes tous friands d’informations concernant des techniques pour améliorer la façon de traiter les sols, et donc si nous n’y prenons garde, prêts à apporter du crédit à n’importe quel gourou qui en étalant sa science prétend sauver le monde avec des recettes « y’a qu’a, faut qu’on ».

Pourtant seul l’examen attentif et documenté des hypothèses, des méthodes, des faits, des expériences, bref l’usage de la méthode scientifique, nous permet d’échapper à l’effet Dunning-Kruger. Rappelez-vous des propos du Professeur Marc-André SELOSSE lors de la master-class de décembre dernier, quand il avait l’humilité de dire qu’il ne savait pas répondre à certaines de nos questions. On pouvait en être frustré, mais c’est paradoxalement plutôt rassurant !


« Il va falloir toujours se poser des questions. C’est la solution la moins confortable mais c’est la meilleure. Il n’y a pas de solution universelle »
dit le professeur SELOSSE.

Seule compte en définitive l’amélioration de nos performances, de notre connaissance d’un sujet pour échapper aux effets délétères de ce biais cognitif. La démarche du Res’eau Sol tente de contribuer un peu à cela. L’exercice n’est pas simple. Il faut à la fois être vigilant devant les informations innovantes et être ouvert au changement, à la mutation de nos paradigmes. Faire preuve de discernement, quoi.

Pour en savoir plus sur cet effet Dunning Kruger, lire dans le site The conversation l’article de Eve FABRE « Comment le coronavirus nous a tous biaisés »

Lettre de liaison

Restons connectés & recevez notre lettre dès maintenant

Ça m'intéresse