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Depuis 20 ans Laurence observe ses sagnes

Texte de Laurence Volfinger, éleveuse de chevaux, sur ses sagnes du Somail (34)

Elles ont toujours joué un rôle important ces sagnes, dans mon calendrier de pâturage et de plus en plus ces dernières années avec le réchauffement climatique et les périodes de sécheresse maintenant quasi systématiques en fin d’été. Mes pratiques de pâturage autour de ces zones humides ont évolué au cours de ces 20 ans en fonction de l’évolution du climat, de l’évolution de mon organisation et de l’évolution de mon expérience et de mes connaissances.

Les chevaux et les sagnes

Je peux remarquer en tout premier une belle adaptation des mes chevaux au pâturage sur ces zones : adaptation comportementale et digestive. Mes différents troupeaux ont développé leur appétence pour ces plantes, une certaine curiosité à gouter et profiter de tout ce qui se présente à eux, et une flore intestinale qui permet une assimilation optimale de ces végétaux. Les propriétaires de chevaux remarquent généralement une perte d’état lorsqu’ils mettent leurs chevaux en pâture sur une sagne, je le constate également avec les chevaux de passage sur mon exploitation. Mais mes chevaux à moi par contre ont tendance à y prendre du poids !

L’observation de l’évolution des sites

La plus belle évolution revient à mes yeux à la sagne de La Roque (site de l’ONF). Cette sagne est majoritairement couverte de molinie, avec une partie sud en bordure de l’Arn un peu plus embroussaillée. C’est un véritable tapis de jonquilles en avril. Pour une sagne enclavée en milieu forestier, je lui trouve une très belle ouverture du milieu C’est grâce au passage et pâturage des chevaux mais aussi grâce à l’exploitation par l’ONF des plantations de résineux alentours qui a rendu la parcelle beaucoup plus lumineuse. J’y observe même une couverture herbeuse en sous-bois, le jonc qui gagne un peu en bordure de zone à molinie et la régression du genêt. A tel point qu’il est dorénavant intéressant de la faire pâturer au printemps. En ce moment, je viens juste d’y mettre mon troupeau de 18 chevaux/poneys.

La sagne située sur la parcelle « sud » de Camifarrat (Le Rajal) est ma préférée au niveau biodiversité et beauté du paysage ! J’ai moins de recul pour y voir une réelle évolution, mais à l’œil elle me semble plus ouverte. Une coupe à blanc d’une parcelle de résineux juste au-dessus me semble y avoir eu un effet très bénéfique. J’ai l’impression qu’elle se maintient voire qu’elle évolue en terme de diversité, mais je manque un peu de recul pour ce site.

Je réalise que j’ai très peu d’éléments d’observation concernant la sagne du « grand pré » qui présente pourtant à mon avis pas mal de centres d’intérêt. J’y mets les chevaux en pâture en aout, période où j’ai d’autres sujets de préoccupation et moins de temps pour l’observation. C’est dommage, j’y ferai plus attention à partir de cette année.

Les sagnes les moins évolutives sont les sagnes à molinie/saule : Camifarrat nord (depuis environ 5 ans) et Malescalié sud (depuis plus de 20 ans). Il me semble que sur ce type de sagne l’impact du pâturage y est plus léger. Je ne constate ni augmentation ni régression de la population de saules, certes un peu consommés par les chevaux, mais vu la quantité disponible, c’est anecdotique. De même en ce qui concerne l’ouverture du milieu au niveau de la strate herbacée, je ne vois pas trop d’évolution sinon quelques ouvertures liées aux chemins dessinés par le déplacement des chevaux. Les touradons sont régulièrement « tondus » mais pas tous en raison de la difficulté d’accès pour les animaux.

Je constate cependant que les périodes de sécheresse de plus en plus régulières rendent le sol plus portant et plus praticable pour les chevaux qui investissent progressivement des zones de plus en plus reculées.

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